Le choix du statut juridique conditionne tout le reste. Ta fiscalité personnelle, ta capacité à lever, ta cap table, ta protection sociale, et même la valuation que les VCs te donneront. Un mauvais choix au départ se paie cinq à vingt cinq mille euros de transformation dix huit mois plus tard. Voilà comment trancher, vite et bien.
La règle simple pour 95 pour cent des cas
SAS dès que tu es deux ou plus, ou que tu prévois une levée seed dans les vingt quatre mois. SASU si tu es solo et que tu veux la flexibilité d’évoluer vers une SAS. EURL uniquement si tu es freelance pur et que tu ne lèveras jamais. Holding patrimoniale à monter à partir de 200 000 euros de revenus personnels annuels, pas avant.
Cinq pour cent de cas particuliers nécessitent un avis avocat. Pour les 95 pour cent restants, la grille ci dessus suffit. Maintenant on regarde dans le détail pourquoi.
SAS, le statut par défaut de la startup ambitieuse
La SAS (Société par Actions Simplifiée) est devenue le standard du seed français depuis 2015. Les VCs la connaissent par coeur, leur juridique sait travailler avec, et toutes les structures d’investissement classiques (BSA, BSPCE, obligations convertibles) sont compatibles d’office.
Ce qui te plaira. La cap table fonctionne en actions, pas en parts sociales, ce qui te permet d’émettre des bons de souscription, de mettre en place un pacte d’associés sérieux avec vesting et clauses de sortie, et de faire entrer des investisseurs sans transformer la société. Le régime social est dit « assimilé salarié », ce qui veut dire que tu cotises comme un cadre. Tu n’as pas de capital minimum (un euro théorique, en pratique on conseille mille à dix mille euros pour donner du sérieux).
Ce qui te déplaira. Les charges sociales sont lourdes, entre 75 et 82 pour cent du salaire net. Comparé au régime TNS de l’EURL à 45 pour cent, tu paies presque le double pour une protection sociale équivalente. Les frais comptables tournent entre 1 500 et 3 500 euros par an. La création coûte 1 500 à 4 000 euros tout compris (statuts avocat, capital libéré, annonce légale, frais de greffe).
C’est le statut que 95 pour cent des VCs exigent. Si tu vises une levée, c’est SAS et basta.
SASU, la SAS pour les solo founders
Une SASU est juste une SAS avec un seul actionnaire. Tous les avantages de la SAS s’appliquent (cap table flexible, BSPCE possibles, régime assimilé salarié), avec une particularité bien pratique. Tu peux passer de SASU à SAS et inversement par simple mise à jour des statuts, pour environ 1 200 euros chez ton avocat.
C’est le scénario classique TheLab Sprint. Un founder solo crée sa boîte en SASU à J zéro. À M plus douze, il identifie un CTO cofondateur qui vient le rejoindre. Bascule en SAS, le CTO rentre au capital via une augmentation de capital ou un rachat partiel d’actions. Aucune transformation lourde, pas de période de blocage juridique.
Le piège à éviter avec la SASU. Ne pas confondre avec l’EURL. Les deux disent « j’ai un seul associé » mais juridiquement c’est très différent. La SASU émet des actions, l’EURL émet des parts sociales. Et c’est la différence qui te fera ranker ou pas devant un VC.
EURL, le statut qui exclut la levée
Beaucoup de comptables conseillent l’EURL à leurs clients freelances qui passent en société. Argument principal, l’optimisation fiscale. Le régime TNS te fait économiser des charges sociales par rapport à la SASU. Sur le papier, joli.
Le problème, c’est que tu deviens infinançable par tout VC sérieux. Les parts sociales de l’EURL ne permettent pas d’émettre les instruments d’investissement classiques. Pas de BSPCE, pas de BSA, pas d’OC. Si tu veux faire entrer un fonds, il faut d’abord transformer ta EURL en SAS, ce qui coûte trois à huit mille euros et bloque ton entreprise six mois.
L’EURL n’est légitime que dans deux cas. Premier cas, tu fais de la prestation pure (consulting, freelance, formation indépendante) sans aucun projet de croissance par investissement externe. Deuxième cas, tu cherches une optimisation fiscale court terme et tu déclares plus de 100 000 euros de revenu personnel par an.
Si tu hésites avec la SASU, prends la SASU. La marge fiscale est trop faible pour justifier de fermer la porte à un investisseur.
La holding patrimoniale, à monter quand ça en vaut la peine
C’est le montage des founders qui ont déjà eu un exit ou qui anticipent des revenus très élevés. Tu crées une holding personnelle (en SAS ou SASU), et c’est cette holding qui détient les actions de ta startup, au lieu de toi en direct.
Quel intérêt. Le jour de l’exit, les plus values sont encaissées par ta holding, pas par toi. La holding peut réinvestir le cash dans d’autres entreprises (autres startups, immobilier, marchés) en franchise d’impôt immédiat, grâce au régime de l’apport cession article 150-0 B ter du Code Général des Impôts. Tu paies les 30 pour cent de flat tax seulement le jour où tu distribues les dividendes vers ton patrimoine personnel.
Le piège, c’est la complexité. Frais de constitution plus comptabilité de la holding tournent autour de 4 000 à 10 000 euros la première année. Il faut un avocat fiscaliste pour le mettre en place correctement. Et si tu décides de sortir du cash perso, tu paies quand même les 30 pour cent à ce moment là.
La règle. À monter à la création de la startup si tu sais que tu auras des revenus supérieurs à 200 000 euros annuels rapidement, ou minimum deux ans avant l’exit pour bénéficier du régime de faveur. En dessous de ce seuil, c’est overkill. Tu paies des honoraires pour rien.
Le tableau de décision rapide
Tu es solo, pas encore de revenus, idée à valider. SASU ou micro entreprise pour les six premiers mois, bascule en SASU dès que tu envisages d’embaucher ou de lever.
Tu es solo, MRR entre 5 et 20 000 euros, plan de lever dans douze mois. SASU strictement. Bascule en SAS quand un cofondateur arrive ou au moment du seed.
Vous êtes deux ou plus, idée encore floue. SAS dès le départ avec un pacte d’associés signé dans les trente premiers jours. Vesting quatre ans avec un cliff d’un an obligatoire, sans négociation.
Vous êtes deux ou plus, MRR entre 10 et 50 000 euros, en cours de levée seed. SAS avec holdings personnelles si vos revenus dépassent 200 000 euros par an post levée.
Tu es freelance ou consultant établi, revenu personnel supérieur à 100 000 euros, pas de plan de levée. Arbitrer entre EURL (charges sociales 45 pour cent, pas de chômage si arrêt) et SASU (charges sociales 75 à 82 pour cent, protection sociale équivalente cadre).
Trois cas concrets de founders TheLab Sprint
Premier cas. Un dev solo, ex salarié, MRR à 8 000 euros à seize mois post création. Son comptable lui propose de basculer en EURL pour économiser environ 12 000 euros de charges par an. Il refuse, reste en SASU. Quatorze mois plus tard, il signe sa seed à 1,8 million pré money. Le VC lui aurait posé un veto en EURL. La transformation aurait pris six mois et coûté 8 000 euros d’avocat, plus le coût de l’opportunité d’avoir bloqué la levée pendant six mois. Le bon choix initial lui a probablement fait gagner cent mille euros de valuation.
Deuxième cas. Trois ingénieurs créent une SAS à 33,33 pour cent chacun. Pas de pacte d’associés (ils s’aimaient bien, ils se sont dit qu’on verrait). À dix huit mois, l’un d’eux veut partir pour repartir en CDI. Aucun mécanisme de vesting, il garde ses 33 pour cent en partant. Blocage en assemblée générale, le founder restant doit racheter ses parts à un prix négocié sous la contrainte. Coût total de l’opération, 82 000 euros d’avocat et de rachat de parts, plus quatorze mois de paralysie opérationnelle. Un pacte d’associés à 1 500 euros la première semaine aurait évité tout ça.
Troisième cas. Un serial entrepreneur, ex exit 2,8 millions encaissés via holding. Pour sa nouvelle startup, il monte la cap table avec sa holding qui détient 100 pour cent des actions. À M plus trente, il fait un exit secondaire à 1,4 million. Zéro impôt immédiat puisque les fonds restent dans la holding, qu’il réinvestit dans trois autres deals en franchise. Le régime article 150-0 B ter s’applique parce que les actions ont été détenues par la holding plus de deux ans avant l’exit. C’est la mécanique fiscale la plus puissante du système français pour un entrepreneur.
Comment créer ta SAS ou SASU concrètement à Montpellier
Les statuts d’abord. Soit avocat seed (compter 2 000 à 4 000 euros pour statuts SAS plus pacte d’associés type), soit plateforme légale type Legalstart ou Captain Contrat (300 à 800 euros si pas de cofondateur ni de levée envisagée). Soit tu télécharges le formulaire vierge du Greffe et tu te débrouilles (gratuit mais réservé aux gens qui maîtrisent le droit des sociétés). Si vous êtes deux ou plus ou si tu vises une levée, paie l’avocat. C’est non négociable.
La domiciliation ensuite. Domicile personnel (visible publiquement, déconseillé), centre d’affaires ou coworking (29 à 49 euros par mois, c’est ce qu’on recommande), ou bureau commercial (overkill avant traction). À TheLab on propose la domiciliation à 29 euros HT par mois à Lattes, voir la page domiciliation entreprise Lattes Montpellier Sud.
Le capital social. Minimum théorique un euro, en pratique on conseille mille euros si tu es solo, cinq à dix mille euros si vous êtes deux ou plus. Plus le capital est élevé, plus tu paraîs sérieux aux banques et aux investisseurs. Pas besoin d’aller plus haut sauf si tu prévois de la dette bancaire significative.
Déclaration au Greffe. Via la plateforme ou via l’avocat. Frais de Greffe 60 euros, annonce légale 200 euros selon le journal choisi, plus les honoraires éventuels. Compter cinq à dix jours pour recevoir le K bis.
Compte bancaire professionnel. Banques en ligne (Qonto, Shine) en trois à cinq jours, banques traditionnelles en dix à quinze jours. Démarre sur Qonto à 14 euros par mois pour la rapidité. Quand tu lèves, ajoute un compte traditionnel pour mettre la trésorerie de la levée.
Questions fréquentes
Combien coûte la création d’une SAS à Montpellier ?
Entre 1 500 et 4 000 euros tout compris. Décomposition typique. Statuts par avocat ou plateforme entre 500 et 2 500 euros. Capital social libéré à 50 pour cent à la création (500 à 5 000 euros). Annonce légale 200 euros. Frais de Greffe 60 euros. Domiciliation premier mois 29 à 49 euros. Compte bancaire pro 0 à 50 euros de frais d’ouverture.
Peut on passer d’EURL à SAS facilement ?
Oui mais c’est une transformation juridique, pas un simple changement de mention. Nouveaux statuts à rédiger, changement de forme sociale à publier, mise à jour Greffe, modification du régime social du dirigeant. Compter 3 000 à 8 000 euros d’avocat plus six mois de procédure. À éviter si tu peux choisir la SAS dès le départ.
Faut il un pacte d’associés dès la création ?
Oui, obligatoirement, si vous êtes deux ou plus. Le pacte doit être signé dans les trente premiers jours. Sans pacte, tu n’as pas de vesting, donc un cofondateur peut partir avec 33 pour cent en cadeau s’il décide d’arrêter. Tu n’as pas de drag along, donc tu peux te retrouver bloqué par une minorité refusant un exit. Tu n’as pas de tag along, donc un majoritaire peut vendre sans toi. C’est l’investissement avec le meilleur retour qu’un trio de cofondateurs fasse dans toute sa vie d’entrepreneur (compter 1 500 à 3 000 euros chez un avocat sérieux à Montpellier).
Quand créer une holding patrimoniale ?
À la création de la startup si tu vises un revenu personnel supérieur à 200 000 euros par an dans les dix huit à vingt quatre mois, ou un exit supérieur à un million d’euros. Sinon, minimum deux ans avant l’exit pour bénéficier du régime apport cession (article 150-0 B ter CGI). En dessous de ces seuils, la complexité ne vaut pas le coût.
Est il possible de créer sa startup en étant salarié ?
Oui, sous trois conditions. Pas de clause de non concurrence bloquante dans ton contrat de travail. Pas de clause d’exclusivité (la plupart des CDI cadres l’incluent, à vérifier). Information écrite de ton employeur si ton activité a un lien quelconque avec la sienne. À Montpellier, beaucoup de founders TheLab Sprint commencent salariés à mi temps puis basculent à temps plein au moment de la levée.
Combien coûte un avocat seed à Montpellier ?
Pour une création SAS plus pacte d’associés plus statuts complets, compter 2 500 à 5 000 euros. Pour une levée seed avec term sheet, modifications de statuts, pacte d’associés modifié et closing, compter 6 000 à 15 000 euros selon complexité. Plusieurs cabinets travaillent régulièrement avec les startups TheLab Sprint, je peux te faire trois recommandations sur demande.
Programme TheLab Sprint pour structurer ta startup juridiquement
À TheLab Sprint, ton statut juridique passe en revue en semaine deux du programme. Si tu es en EURL et que tu vises une levée, on te connecte à un avocat seed dès la semaine trois. Ça t’évite de devoir transformer ton statut en plein milieu de la levée, ce qui est le pire moment pour le faire.
Voir le programme accélérateur
Pour aller plus loin
- Accélérateur startup Montpellier
- Les 10 erreurs qui plantent une startup à Montpellier
- Template business plan startup Montpellier
- Checklist post création SAS Montpellier · J plus 1 à J plus 90
- Domiciliation entreprise Lattes Montpellier Sud
- Domiciliation SAS ou SASU Montpellier
- Coworking startup Montpellier
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THELAB Coworking — 260 rue du Puech Radier, Lattes (Montpellier Sud)
